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Ex Collectif CMONFILM

 
          
 
 
 
 
 
 
 
De l'autre côté de la ligne


PITCH:
Dans un accès de rage, un jeune paumé assassine sa compagne. Dès lors, le petit récit de l'après meurtre débute : la réalité profondément triste et angoissée d'un homme qui n'a plus d'issue.

FORMAT: Mini-DV (25P 4/3)
DURÉE: 24' 29"
BUDGET: 2€45
SORTIE: Août 2007

RÉALISATION: Roch Postel

ACTEURS: Morwenna Le Roux et Roch Postel

NOTE DE LA RÉALISATION:
Un film fait dans l'empressement, tourné en une petite après midi, sans scénario. Bien entendu, j'avais tout le déroulement de l'action en tête et après un briefing relativement sommaire, nous nous sommes lancés. J'ai choisi de travailler en couleur (pour une fois) et en 4/3 car je voulais un rendu simple, plus proche de la réalité et surtout de la perception du réel que peut avoir le spectateur. J'ai d'ailleurs recherché le réalisme dans les réactions de mon protagoniste. Pas de “ il faut que je cherche à cacher le corps, je vais le découper etc. ”, j'ai vraiment essayé de pénétrer le rôle et de rester logique par rapport à la personnalité du jeune homme. Je voulais également que le spectateur partage les sensations, les troubles et les angoisses de mon personnage. C'est dans ce soucis que j'ai (à nouveau) employé la technique du plan séquence et de la vue subjective. Le spectateur n'est pas simplement témoin, il est au plus proche de la perception du tueur. Parlons un peu de ce plan séquence, première chose que je voudrais évoquer : le passages au noir. Les noirs qui apparaissent parfois pendant le plan séquence et surtout dehors ne sont pas là pour cacher des cuts (raccords) comme certains vont le penser. Ces noirs ont été effectués en direct, pendant la prise de vue, en fermant complètement le diaphragme. Ils correspondent à des absences, des moments (très courts) ou le protagoniste perd la réalité de vue (comme s'il fermait les yeux pour effacer la réalité, prendre un instant de repos, prendre ses distances avec le réel). Ces passages aux noir sont surtout présents dehors, car la pression de la société y est plus grande et l'angoisse redouble avec le regard d'autrui. On le perçoit surtout devant la banque. Dans l'incapacité de prendre l'argent qui lui permettrait de fuir, il craque (à nouveau) et le simple fait de voir un groupe de gens génère une crise d'angoisse qui l'arrête un instant contre les vitrines de l'agence. Cela dit, il y a tout de même eu un noir fait en postproduction pour des raisons de cadrage insatisfaisant. Concernant la durée du plan, il y a seulement 17 minutes de vrai plan séquence. La fin est constituée de deux autres plans raccordés comme si le temps était continu. Il était important d'avoir cette durée réelle, pour partager chacun des états du protagoniste. Je suis conscient que ce film paraitra long à certains spectateurs, mais c'était le prix à payer pour arriver à mes fins. Je vais revenir sur le prologue. Là encore, j'ai laissé vivre les plans (notamment le premier) pour que l'on ressente bien la pression qui pèse sur le personnage. Mais surtout, j'ai voulu ce prologue entièrement flou. C'est pour moi, une représentation symbolique de l'incapacité du protagoniste à saisir la réalité. Il est paumé, n'arrive pas à réaliser ce qui ce passe, son esprit est diffus, d'où le flou que l'on perd une fois la ligne franchie. L'acte très concret du meurtre l'a plongé dans un réel certes triste et angoissant, mais tangible. Niveau sonore, tout ce que l'on peut entendre pendant le film est enregistré en direct pendant le tournage de la scêne ; rien n'a été ajouté et rien n'a été enlevé ! Ce n'est donc pas une voix off pendant le plan séquence, mais bien des paroles enregistrées en direct. J'aurai pu mettre une musique pour dynamiser la scêne, je ne l'ai pas fait, toujours dans un soucis de réalisme. Je regrette tout de même de ne pas avoir eu de petite bonnette (surtout pour l'extérieur), mais bon, on a fait avec le matériel disponible. Certains se diront enfin : “ mais qu'est ce que c'est que ce meurtre ”. C'est un meurtre propre : pas de sang, pas de gore, je n'en voyais pas l'intérêt et ce n'est pas mon style. En outre, lors de la scêne d'étrangement, la victime ne se débat pas avec ses bras (comme on a l'habitude de le voir dans les fictions). Dans mon film, le meurtrier a coincé les bras de sa compagne sous ses jambes avant de la tuer. Ce qui est tout à fait possible (nous avons fait des tests pour vérifier). J'aurai pu l'expliquer par un plan mais à quoi bon, ce n'est pas vraiment ça l'important (d'ailleurs le meurtre est en prologue et pas dans le corps du film). Voilà, encore un film fait à l'arrache ! Mais ça valait le coup ! Et même si je trouve qu'il y a deux ou trois grosses erreurs dans ce court, je pense qu'il est diffusable.

Roch Postel



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