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NOTE DE LA RÉALISATION: Il était vraiment temps de finir ce film ! En effet ce projet date de 2004, avant même Soliloque Ordinaire. Le tournage qui s'est déroulé cet été là, sous un soleil caniculaire, fut réellement le pire de tous. Le gars chargé de me trouver des acteurs, n'a rapidement plus donné signe de vie. Je me souviens l'avoir appelé tous les jours pendant deux semaines, sans succès. Pour finir il m'a avoué qu'il devait partir sur Lyon voir son père et qu'il ne serait pas là du tournage. Il devait quand même me rappeler pour me donner quelques numéros d'acteurs potentiels mais ne le fit jamais. Comme d'habitude, la date approchant et par la force des choses, j'ai pris le premier rôle. Ce qui n'a pas été une partie de plaisir. J'avais les capacités de base, savoir faire tourner le ballon, savoir dribler et faire des passement de jambes mais j'étais bien entendu un très mauvais joueur, et mes performances au tir étaient piteuses.
J'avais beaucoup moins d'acteurs que prévu, quatre au lieu d'une dizaine, je devais revoir mon scénario en conséquence. Le scénario a d'ailleurs énormément souffert , avant mais aussi pendant le tournage. Je devais le corriger en moyenne tous les deux ou trois jours. La toute première version comprenait même une scêne avec une quinzaine de personne. Il y a même eu une version incluant un personnage féminin. Une jeune fille m'avait alors demandé si elle pouvait participer en tant qu'actrice, mais il n'y avait pas de rôle pour elle. J'ai donc décidé d'en écrire un. Son personnage était assez intéressant et enrichissait vraiment le récit. Elle n'est même pas venue chercher son script. J'ai du réécrire. Le scénario s'est ainsi progressivement simplifié, beaucoup de séquences étaient tronquées ou annulées. Par exemple une scêne avec le meilleur ami de Benjamin était prévue, mais au moment de la tourner (dans un lieu très particulier fruit d'une longue recherche) nous nous sommes fait virer par des squatteurs qui nous ont menacé de leurs chiens. Étant en équipe réduite sans moyen particulier de défense et traïnant le matériel de tournage, nous avons cédé à la menace. C'était le dernier jour de tournage possible, cette séquence n'a jamais vu le jour.
Au-delà de tous ces problèmes, ce fut particulièrement pénible pour moi d'être à la fois acteur et réalisateur. Je devais sans cesse trouver des solutions aux aléas rencontrés, mais je devais aussi m'entraîner au basket presque tous les jours, pour éviter de paraître ridicule à l'écran. Il faut le dire : je ne suis pas un grand sportif. Entre tournage et entraînement j'étais complètement anéanti à la fin de la journée et il me fallait encore revoir mon scénario pour le lendemain.
Mais ce n'est pas toutes les contrariétés évoquées jusqu'ici qui m'ont poussé à l'époque, à abandonner ce film. Je n'avais pas les capacités pour structurer mon court. Au montage, je me suis retrouvé face à un film décousu, qui n'avait plus rien à voir avec les versions originelles . Pire encore, le son (et oui toujours le même problème) était complètement raté sur plusieurs scênes. Il faut dire que j'avais eu le goût du risque, en choisissant une prise de son séparée sur MD que je devais re-synchroniser par la suite. D'où la présence des clapmen dans le générique du film. Bref ... fatigué du tournage et impuissant devant mon logiciel de montage, je décidais d'arrêter la production du film.
C'est en 2006 que j'ai revu les rushes. Avec le recul et ma meilleure expérience du montage, j'ai pensé pouvoir reprendre le projet. Après un gros dérushage et un montage qui m'a pris pas mal de temps (par rapport à d'habitude), il ne restait que les voix-off à faire. Je voulais absolument les enregistrer sur du bon matériel, sans doute pour me venger de la qualité médiocre de mes rushes. J'ai dû attendre plusieurs mois pour avoir ce matériel. Une fois reçu j'ai rapidement réécrit et enregistré les pensées de Benjamin. Il m'a fallu composer entre ma personnalité d'aujourd'hui et l'ambiance des anciennes voix-off. J'ai finalement opté pour quelque chose de plutôt triste et un peu généraliste sans trop de violence.
Ce film fut une longue aventure, c'est cool de l'avoir fini (comme dirait Morwenna). Si j'avais eu plus de temps pour les voix-off, j'aurais peaufiné certaines choses. Pour le reste et compte tenu des rushes, difficile de faire mieux au montage. Je voulais également dire que cela m'a fait plaisir de créditer mon frère (Vianey Postel) et ma mère (Guyonne Postel) au générique, je crois bien que c'est une première.
Roch Postel
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